Aujourd’hui, dans son édition des Landes, le journal Sud-Ouest (40 673 exemplaires) publie le deuxième encart publicitaire acquis par la LPO pour informer les braconniers de passereaux protégés des risques qu’ils encourent.

Pinson des arbres (Fringilla coelebs) - Crédit photo : CABSPinson des arbres (Fringilla coelebs) - Crédit photo : CABS

En effet la Loi pour la reconquête de la biodiversité a doublé les peines encourues - de 15 000 à 150 000 € d’amendes, et de un an à deux ans d’emprisonnement - pour le braconnage des espèces protégées telles le Bruant ortolan (parution dans Sud-Ouest du 6 septembre) ou le Pinson des arbres (parution de ce jour).

C’est que chaque année depuis trop longtemps, la LPO est obligée de repérer les installations délictueuses, de les contrôler, de porter plainte puis de se constituer partie civile. Sur la base du travail de la LPO, le tribunal de Mont-de-Marsan tient audience le 17 novembre pour juger une dizaine de prévenus pour braconnage d’ortolans en 2015. Ceux relevant de la juridiction de Dax prévenus pour des faits similaires, et ceux poursuivis en plus pour agression physique contre les responsables de la LPO, sont convoqués à l’audience du 9 février prochain.

Considérant que la presse française se fait trop régulièrement l’écho des revendications des délinquants (Individus qui, ne se conformant pas aux dispositions de la loi, se rendent coupables d’un délit), tandis que l’État ne les informe pas des risques pris - alors que les braconniers sont connus puisque regroupés au sein d’une association dites des « chasses traditionnelles » -, la LPO assure seule cette informationaux frais de ses donateurs, adhérents et militants.

Sous couvert d’une dérogation française (arrêté ministériel du 17 août 1989) autorisant l’usage des pièges (matoles) pour capturer des alouettes, dont les populations sont en régression significative, fin octobre/début novembre, la saison de braconnage des pinsons a pris le relais de celle des Bruants ortolan, et bat son plein. Jamais un piège situé en milieu fermé, sous un rang de tournesols, proche de maisons, avec des graines de tournesol comme appât n’attrapera des alouettes : ce sont bien les pinsons qui sont visés (environ 150 000 Pinsons des arbres et 50 000 Pinsons du nord tués chaque année).

Fin août/début septembre toute matole installée est de fait illégale, la dérogation pour l’alouette ne s’appliquant pas encore. Ce n’est plus le cas fin octobre/début novembre grâce à cette autorisation donnée pour l’alouette. L’hypocrisie de l’arrêté ministériel autorisant l’utilisation des matoles pour capturer des alouettes (voir la note technique et scientifique jointe) n’a d’égal que la mauvaise foi des braconniers : ainsi on pouvait lire dans le journal Sud-Ouest du 6 août dernier « la chasse à l’ortolan étant interdite, ils affirment chasser l’alouette ».

Dans sa dernière publication,accessible sur son site internet, l’UICN indique que le Bruant ortolan (encore une quinzaine de sites de braconnages dénoncés cet été) passe de « vulnérable » à « en danger », avec un déclin marqué. La LPO continue et continuera inlassablement son travail de mise en lumière et de dénonciation des pratiques délictuelles. Tel ou tel facteur ne suffit pas à expliquer à lui seul la régression catastrophique de la plupart des espèces (artificialisation, pollutions, agriculture intensive, infrastructures routières, électriques…). Mais au moins n’en rajoutons pas : commençons juste par respecter les textes en vigueur !